Il crevait les pneus des voitures depuis un an


09 novembre 2019 - 93 vues

Les propriétaires de plusieurs véhicules ont eu la mauvaise surprise de retrouver leurs pneus crevés dans certains quartiers d'Orsay, Bures-sur-Yvette et Les Ulis. La faute d'un homme qui a été interpellé ce lundi 4 novembre en fin d'après-midi par la police à Orsay, il est soupçonné d'avoir crevé les pneus de près de 200 véhicules stationnés dans des quartiers proches de gares RER et aurait agi depuis un an, soit septembre 2018. Environ 190 plaintes ont été déposées.

Nathalie, habitante de Bures-sur-Yvette, a eu la désagréable surprise de trouver un de ses pneus avant à plat il y a « une bonne semaine ». « Je n'ai pas encore eu le temps de déposer plainte, mais je vais le faire, témoigne-t-elle. Je ne laisserai pas un voyou s'en tirer si facilement. D'autant que mon assurance n'a pas pris en charge les frais. »

Céline, jeune maman résidant dans le secteur de la Hacquinière de Bures-sur-Yvette, fait aussi partie des victimes. « Si ce suspect est le responsable, c'est une très bonne nouvelle, confie-t-elle. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de personnes touchées. »

Certaines personnes ont même été victimes de ces crevaisons à plusieurs reprises. « Une habitante a subi 13 crevaisons, rapporte David Ros. Elle en avait tellement marre qu'elle avait des pneus de rechange chez elle, parée à les changer. »

« Je ne suis pas sûr qu'il ait agi seul, estime-t-il. S'il a des complices, ils recommenceront peut-être. On peut se dire que ce n'est pas grand-chose des pneus crevés, mais quand vous le découvrez le matin quelques minutes avant de partir travailler, cela gâche vraiment votre journée. Et cela a un coût non négligeable, surtout lorsque ça vous arrive plusieurs fois comme c'est le cas dans cette rue. » Lors de son interpellation, les policiers ont retrouvé sur le suspect une petite paire de ciseaux. Placé en garde à vue dans la foulée, il a avoué les faits, tout en expliquant, de façon incohérente, « entendre des voix » lui disant de « faire des bêtises ».

« Comme les habitants constataient souvent les crevaisons le matin, on pensait que cela avait été réalisé dans la nuit, explique une source proche de l'enquête. Des rondes de la police se sont mises en place dans le secteur le plus ciblé, doublées de l'installation de caméras de vidéosurveillance.

En réalité, le quadragénaire, qui réside dans un squat des Ulis, agissait tranquillement en journée. Il commettait ses méfaits à pied, souvent entre 17 et 19 heures, sur son trajet entre ses deux jobs à Orsay et Bures-sur-Yvette. Autre coïncidence qui confirme les soupçons : entre les mois de juin et octobre, aucun pneu crevé volontairement n'a été recensé. Ce qui correspond à la période où le suspect était en vacances à l'étranger.

La mairie d'Orsay invite toutefois à la « vigilance ». Les faits se déroulant depuis septembre 2018, l'enquête préliminaire se poursuit pour déterminer s'il a pu agir avec des complices.

En raison de l'incohérence de ses propos, l'état de santé mentale de l'homme a été jugé incompatible avec une garde à vue. Elle a donc été levée suite à son hospitalisation d'office. « Une expertise psychiatrique doit être réalisée pour déterminer sa responsabilité pénale », indique le parquet d'Évry. Si tel est le cas, le suspect des crevaisons de pneus encourt deux ans de prison ferme.

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